L'histoire du pourboire : de « pour boire » au QR code

Espèces ou paiement numérique : découvrez ce que les études disent réellement

Les moyens de paiement ont tous une empreinte environnementale. Que disent réellement les études disponibles, et quelles précautions prendre avant d’affirmer qu’un mode de paiement est plus écologique ?
À retenir : une étude comparative européenne publiée par Oxford Economics conclut à des émissions de gaz à effet de serre plus faibles pour les paiements numériques dans les trois pays étudiés. Elle ne permet toutefois pas de généraliser ce résultat à tous les pays, à tous les usages ni à chaque solution de paiement.
Les espèces ont un impact tout au long de leur cycle de vie : fabrication des billets et des pièces, transport, distribution, gestion des distributeurs automatiques, collecte et traitement des billets usagés. L’importance relative de ces étapes varie selon les pays et l’organisation de la filière fiduciaire.
La Banque centrale européenne (BCE) indique que l’empreinte environnementale annuelle liée à l’utilisation des billets en euros comme moyen de paiement équivaut à un trajet de huit kilomètres en voiture, soit 0,01 % de l’empreinte environnementale totale annuelle d’une personne selon son évaluation. La BCE identifie la distribution comme l’un des facteurs importants de cette empreinte.
Attention : ce chiffre concerne les billets en euros et leur cycle de vie selon la méthodologie de la BCE. Il ne constitue pas une comparaison directe avec la carte bancaire ou les autres moyens de paiement.
Un paiement numérique mobilise des équipements et des infrastructures : carte ou autre dispositif de paiement, terminal, systèmes informatiques et réseaux. Leur fabrication, leur utilisation, leur durée de vie et leur fin de vie contribuent à leur empreinte environnementale.
Il serait donc inexact de présenter le paiement numérique comme dépourvu d’impact. Pour comparer deux solutions, il faut examiner un périmètre comparable et prendre en compte l’ensemble du cycle de vie, plutôt que de ne considérer que le geste de paiement.
Publiée le 13 juin 2024, l’étude d’Oxford Economics compare les émissions des paiements en espèces et des paiements sans espèces au point de vente. Elle s’appuie sur des données de 2022 et examine 18 catégories d’impact environnemental dans trois pays : l’Allemagne, l’Italie et la Finlande.
Pour l’indicateur de réchauffement climatique, les résultats publiés indiquent qu’un paiement en espèces génère des émissions de CO₂ équivalentes à 5,9 paiements numériques en Allemagne, 2,1 en Italie et 23,5 en Finlande, dans le périmètre et selon les hypothèses retenus par l’étude.
Ces ratios sont des résultats propres aux pays et au modèle étudiés. Ils ne doivent pas être repris comme des coefficients universels, ni présentés comme une mesure de l’impact d’un paiement en France. Les résultats dépendent notamment des infrastructures, des habitudes de paiement et des hypothèses de l’analyse.
Transparence : cette étude a été commandée par l’European Digital Payments Industry Alliance (EDPIA), une alliance du secteur des paiements numériques. Elle a fait l’objet d’une revue par un panel d’experts selon les informations communiquées par Oxford Economics et l’EDPIA. Le financement par une organisation du secteur est un élément pertinent à signaler au lecteur.
L’étude conclut également que, parmi les 18 catégories évaluées, l’impact des paiements numériques était inférieur dans 17. Il s’agit du résultat de cette étude et non d’une règle valable pour tous les pays ou toutes les solutions.
Pas de façon générale. L’étude d’Oxford Economics porte sur les paiements en espèces et les paiements sans espèces au point de vente dans trois pays européens ; elle ne suffit pas à établir une règle valable partout ni à mesurer spécifiquement l’impact en France. De son côté, la BCE indique qu’elle ne peut pas encore établir de comparaison entre les billets en euros et les autres moyens de paiement.
La formulation la plus rigoureuse est donc la suivante : une étude comparative menée dans trois pays européens a estimé que, dans son périmètre, les émissions de gaz à effet de serre associées aux paiements numériques étaient inférieures à celles des paiements en espèces. D’autres contextes et d’autres solutions peuvent présenter des résultats différents.
Pour une entreprise, les précautions utiles consistent notamment à éviter les équipements inutiles, prolonger la durée de vie du matériel, limiter son renouvellement et s’appuyer sur des données comparables lorsqu’un bénéfice environnemental est revendiqué.
La dématérialisation peut faire évoluer les usages, mais elle ne suffit pas, à elle seule, à prouver une réduction de l’impact environnemental. Avant de revendiquer un bénéfice RSE, une entreprise peut se demander :
Ces précautions permettent de communiquer sur les choix opérationnels sans transformer une hypothèse en promesse environnementale.
Onetip permet de laisser un pourboire numérique, notamment via un QR code ou la technologie NFC. Selon l’organisation retenue par l’établissement, cette modalité peut être proposée sans installer un terminal de paiement supplémentaire dédié uniquement à la collecte des pourboires.
C’est une caractéristique fonctionnelle, pas une preuve d’un bénéfice écologique quantifié. Sans analyse spécifique du cycle de vie d’onetip et comparaison avec une solution de référence, nous ne pouvons pas affirmer que son utilisation réduit les émissions de CO₂ ou qu’elle est globalement plus écologique.
L’enjeu est donc de présenter clairement le fonctionnement de la solution et de ne revendiquer un avantage environnemental que si celui-ci est mesuré et documenté.
Les résultats varient selon le pays, les infrastructures et la méthode de calcul. Une étude d’Oxford Economics a estimé des émissions de gaz à effet de serre plus faibles pour les paiements sans espèces dans trois pays européens étudiés, mais ce résultat ne constitue pas une règle universelle.
Il s’agit d’une équivalence annuelle de l’empreinte environnementale de l’utilisation des billets en euros comme moyen de paiement. Ce chiffre ne compare pas directement les billets aux cartes bancaires.
Non. Les équipements et infrastructures numériques ont eux aussi une empreinte environnementale, notamment liée à leur fabrication, leur utilisation et leur fin de vie.
Pas sans étude comparative spécifique. On peut décrire ses fonctionnalités, mais toute affirmation de réduction d’émissions ou d’impact environnemental doit être étayée par des données adaptées.
Les études disponibles invitent à comparer les moyens de paiement sur l’ensemble de leur cycle de vie et dans un contexte précis. L’étude d’Oxford Economics apporte des résultats pour trois pays européens, tandis que la BCE rappelle que l’empreinte des billets en euros est faible dans son évaluation, sans pouvoir la comparer directement aux autres moyens de paiement. Pour une communication RSE crédible, la règle est simple : préciser le périmètre, citer la source et ne pas promettre un bénéfice environnemental qui n’a pas été mesuré.
Les résultats présentés proviennent d’une étude commandée par l’European Digital Payments Industry Alliance (EDPIA) et réalisée par Oxford Economics. Elle compare les paiements en espèces et les paiements numériques au point de vente en Allemagne, en Italie et en Finlande, à partir de données de 2022.
Ces résultats sont propres au périmètre et aux hypothèses de cette étude. Ils ne constituent pas une mesure de l’impact environnemental des paiements en France et ne permettent pas d’affirmer qu’un moyen de paiement est systématiquement plus écologique qu’un autre. Les conclusions ne peuvent donc pas être généralisées à l’ensemble des pays ni à toutes les situations de paiement.
Si nous avons choisi de nous pencher sur cette question, c’est parce que les enjeux environnementaux occupent une place importante dans les réflexions autour de l’évolution de nos usages. Comprendre l’impact de nos moyens de paiement, en s’appuyant sur les données disponibles et en tenant compte de leurs limites, nous semble essentiel pour nourrir une réflexion éclairée.
Cette étude est ainsi présentée comme un élément de comparaison et un point de départ pour la réflexion, et non comme une conclusion universelle.